Le ridicule ne tue pas ! (Silly never dies)

by adonnante.com

© SANDER VAN DER BORCH / ARTEMIS RACING

© SANDER VAN DER BORCH / ARTEMIS RACING

Alors que l’America’s Cup fait un grand pas en avant en France avec l’arrivée d’un nouveau sponsor pour l’équipe de Franck Cammas et l’accueil des AC World Series à Toulon en septembre prochain, la réalité est toute autre.

Demain s’entretient aujourd’hui !
Signer un nouveau sponsor est toujours un événement important dans l’histoire d’une équipe sportive, surtout quand il s’agit de l’America’s Cup. Bon an mal an la France réussit aléatoirement à participer au plus vieux Trophée sportif du Monde. Avec une aide financière de 1,5 million par an, l’apport de Norauto peut faire sourire quand on sait que cela ne couvrirait même pas la seule ligne salariale d’ORACLE Team USA alors que Russell Coutts est annoncé à plus de 45 000 € par mois et qu’un simple grinder américain gagnait mensuellement 25 000 € lors de la précédente édition… Seul point positif pour les Français est cette vision à long terme – cinq ans de partenariat – qui permet d’être plus réactif pour la 36e édition de la Coupe.

Toulon, Toulon, deux minutes d’arrêt
À 2 millions d’Euros l’étape des AC World Series, peu de ports en France pouvaient se permettre se luxe d’accueillir quatre régates (sic) des éliminatoires de l’America’s Cup. Quatre régates veulent dire quatre manches, soit deux manches uniquement par jour de course. À ce prix-là, la ville de Toulon a répondu présente et a déjà lâché 500 000 € sur la table, mais pour quelle visibilité ? Alors que les AC45F seront en stand-by du côté de la Seyne-sur-Mer, le carré du port de la ville de Toulon restera désespérément vide. Seuls les adeptes de baignade et de bains de soleil sur les plages du Mourillon pourront espérer jouir d’un spectacle de haute voltige caché derrière des gradins difficilement accessibles. Et pas question de voir cela depuis la mer, le périmètre de sécurité est tel que la compréhension des matchs sera bien difficile à comprendre… Mais bon pour deux fois 15 minutes de course quotidienne (33 000 € la minute au frais du contribuable tout de même), personne ne perdra réellement son temps…
Autant dire qu’il va falloir en brûler des cierges à la cathédrale de Toulon pour prier que les conditions météo soient favorables. Un coup de Mistral ou deux jours de pétole et cet événement interplanétaire sera de la poudre aux yeux !

Une visibilité internationale
La Coupe de l’America c’est surtout cela. Une visibilité internationale vendue pour 1 milliard de téléspectateurs. Mais ce que ne disent pas les organisateurs c’est que c’est 1 milliard potentiel tous médias confondus qui ont accepté de payer les droits de retransmission. Droits qui seront accordés aussi au compte-gouttes sur Youtube qui filtrera sans ménagement les adresses IP et donc les pays autorisés à admirer ce show nautique. Et c’est sans compter une application mobile PAYANTE toujours aussi décriée et inopérante. Pas moins de 2 étoiles sur Google Play… sur un score de 5. Beau score s’il en est pour une App à 25$ à l’année ou 7$ le week-end, ce à quoi il faut rajouter 4$ par week-end pour avoir droit à voir le Live… uniquement dans les pays concernés. Français passez votre chemin !

Pour en revenir sur les 1 Milliard de spectateurs, il est bon ton de rappeler que la chaine Youtube officielle de l’America’s Cup n’a que 150 000 abonnés et que la 9e et dernière manche cruciale de la 34e America’s Cup n’est qu’à 1 million de vue depuis 2 ans et demi de mise en ligne ! Et les Replay des différentes manches peinent à passer la barre des 300 000 vues. Autant dire que le milliard de téléspectateurs est loin d’être acquis et n’est qu’un tour de magie proposé par les commerciaux de la Coupe.

Et ce n’est pas nous, pauvres Français, qui allons aider à gonfler ces chiffres. La Coupe est une nouvelle fois prise en otage par le groupe Canal + qui aura l’exclusivité des retransmissions en France. Inutile d’espérer gruger et voir les matchs sur Youtube ou sur votre mobile. Pour accéder à la Coupe il faudra payer votre abonnement Canal +, ou une bière dans un bar et espérer que le public préféra regarder la voile plutôt que le foot. L’application mobile, payante il faut le rappeler, sera une nouvelle fois inopérante alors que les directs y seront bannis faute à la main mise de la chaine cryptée sur les droits de retransmission. Pour tenter d’y voir quelque chose l’application Periscope sera très certainement salvatrice…

Pour revenir à cette visibilité internationale, que penser d’un site Internet et d’un axe de communication entièrement tournés vers l’anglais ? Sur les six équipes présentes, la moitié ne font pas partie de pays anglophones. Ne décliner le site et les communiqués de presse qu’en anglais est un renfermement sur soi-même et non une ouverture sur le monde. Difficile d’attirer le chaland dans ses conditions et de gagner des parts de marché.

La Coupe de l’America est donc clairement rentrée dans une ère de profits au service de ses investisseurs aux dépens de ses acteurs et du consommateur. La mondialisation est partout…

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