Tag Archives: imoca

Lauriot-Prévost : «A ce jour, le foil n’est qu’un appoint…»

by voilesetvoiliers.com, par Magnus Henderson.

Alors qu’Armel Le Cléac’h et Alex Thomson, de nouveau au contact au large de la Nouvelle-Zélande (75 milles les séparent ce matin alors qu’il y en avait 180 hier), flirtent avec une autre dépression, notre collaborateur scandinave, grand ami de Paul Elvstrøm décédé la semaine dernière, a extorqué quelques secrets à l’architecte Vincent Lauriot-Prévost sur ces monocoques IMOCA qui trustent les avant-postes…

Mené par un Armel Le Cléac’h au sommet de son art, Banque Populaire VIII sne semble souffrir d’aucune avarie. Mais ”Le Chacal” aime entretenir le silence… © Yvan Zedda/Banque Populaire

Voilesetvoiliers.com : Il faut des foils pour gagner ce Vendée Globe ou ce sont les conditions météorologiques qui ont permis de telles performances ?
Vincent Lauriot-Prévost : Cela dépend en effet des conditions météo. Sur cette course, les foils n’étaient pas réellement nécessaires, ce qui ne sera pas vrai pour la prochaine édition. Aujourd’hui, le «range» d’utilisation des foils est finalement assez faible. Parce que les skippers sont assez conservateurs. Parce qu’il n’y a pas encore assez de recul pour savoir comment les exploiter au maximum. Parce que dans de nouvelles conditions de navigation, les solitaires ne les utilisent pas vraiment : il faut avant tout arriver aux Sables-d’Olonne ! De ce que nous savons, les leaders ne prennent pas de risque. Mais dans quatre ans, quand les marins auront accumulé l’expérience, les profils seront différents et l’utilisation plus importante…

Voilesetvoiliers.com : Les bateaux à foils de 2016 ne vont donc pas plus vite que les monocoques de la génération précédente ?
V. L.-P. : Il y a aussi le paramètre de la nouvelle ou de l’ancienne jauge qui joue sur la puissance apportée par les ballasts. Les foils en eux-mêmes sont devenus moins pénalisants par rapport à une dérive droite. Et cela deviendra de plus en plus favorable au fur et à mesure que nous tirerons les enseignements des navigations. On sait par exemple qu’Armel n’utilise réellement les foils que dans les configurations qu’il connaît. Dans toute nouvelle condition, le foil est rétracté. Dès qu’il y avait un peu de mer, les leaders ont été très vigilants avec ces appendices !

Voilesetvoiliers.com : Ainsi, les foils ne sont pas la seule explication des performances en 2016 !
V. L.-P. : Il n’y a pas assez de recul pour que les skippers sachent ce que cela pourrait apporter. Il y a des vagues, des houles qui n’ont pas été appréhendées auparavant. La différence actuelle avec un bateau comme SMA (ex-Macif, vainqueur du précédent Vendée Globe) vient plus du petit décalage météo que les deux leaders ont acquis dans la descente de l’Atlantique. Ce léger delta a offert aux leaders un train que leurs poursuivants n’ont pas pris ! On constate ces derniers jours que le différentiel ne change pas fondamentalement et ceux qui sont devant profitent un peu plus de bonnes conditions. Il n’y a pas beaucoup de différences entre Maître CoQ et SMA depuis l’Indien…

Voilesetvoiliers.com : C’est seulement une arme psychologique alors !
V. L.-P. : C’est surtout une arme qui n’a pas été utilisée à 100 %. Rappelons-nous qu’il y a un an, lors de la Transat Jacques Vabre, les foils effectuaient quasiment leur première sortie en course ! Il y a eu de la casse et en mars, la deuxième version n’était qu’une évolution pour améliorer les performances au près. Jean-Pierre Dick et Morgan Lagravière n’avaient eu la nouvelle version 2 qu’un mois avant le départ du Vendée Globe. Il faut mettre en balance l’expérience d’un Vincent Riou qui connaissait parfaitement son bateau avec sept années de navigation ! Il y a une marge de progression très importante pour les foils.

Sur son Hugo Boss volant, Alex Thomson sort du Pot au Noir en tête et avec une belle avance sur le reste de la flotte.
© Mark Lloyd/Hugo Boss

Voilesetvoiliers.com : On ne peut pas tout de même dire que les foils ne servent à rien sur ce Vendée Globe !
V. L.-P. : Non, mais les images au passage des Kerguelen montrent qu’ils ne sont pas les seuls contributeurs de la situation actuelle. Alex Thomson n’a plus qu’un moignon de foil sur tribord et il va aussi vite ! Armel Le Cléac’h sait parfaitement comment contenir les assauts du Gallois et il navigue très souvent avec le foil rentré : il maîtrise le sujet du Vendée Globe. Il porte une estocade pour gagner cent milles, et après il gère son avance. Il a confiance dans son bateau et il le préserve pour la suite.

Voilesetvoiliers.com : Donc quand Alex Thomson passe devant, c’est qu’il a utilisé le foil qui lui reste ?
V. L.-P. : Sans doute. Tout le monde est loin d’avoir appris comment ça fonctionne. Ce n’est pas le fait que les foils soient différents. Alex Thomson utilise sa version 1 avec des profils asymétriques sur le «shaft» : ils développent une force verticale plus importante aussi parce qu’ils ont plus d’envergure. Alex Thomson avait même fait une version 2 encore plus longue et encore plus porteuse avant que ces foils-là cassent avant le départ. Toujours avec un «shaft» asymétrique qui marche très bien avec un bateau à plat… Au contraire des autres foils. Les deux leaders ne naviguent pas de la même façon ! Plus il y a de l’envergure, plus il y a de la surface porteuse, plus il y a de la force verticale loin du centre de gravité. Mais Hugo Boss sera moins à l’aise quand il faudra faire du près…

Voilesetvoiliers.com : Donc les bateaux ne naviguent pas de la même façon ?
V. L.-P. : L’un doit gîter, l’autre non. Du moins avec le foil sorti.

Voilesetvoiliers.com : Mais la version 2 n’est pas aussi la même !
V. L.-P. : Absolument. Safran, StMichel-Virbac, Edmond de Rothschild ont des versions avec un «shaft» pas porteur, un «elbow» (coude) plus développé, un «tip» plus antidérive. Parce que pour faire du près, il faut plus de surface à l’extrémité. Ce que nous avons enlevé de portance d’un «shaft» asymétrique avec la version 1, nous l’avons reportée sur le «elbow». Et le déficit d’antidérive a été compensé par un «tip» plus grand dans la version 2.

Le passage à l’intérieur de la zone interdite avant les Kerguelen, a coûté très cher à Jean-Pierre Dick : il a dû faire demi-tour et a perdu plus de cent milles en laissant s’échapper Yann Eliès pourtant ralenti par une dépression tropicale…
© Jacques Vapillon / Sea&Co

Voilesetvoiliers.com : Mais tous les bateaux ne sont pas pareils…
V. L.-P. : Certains ont la sortie du puits de foil au-dessus du bouchain (Banque Populaire, Safran, No Way Back), et d’autres en dessous (Gitana, StMichel-Virbac). Ce qui définit une géométrie légèrement différente. Mais plus le foil peut sortir, plus il y a d’efforts sur le puits ! Ce qui implique aussi un renforcement structurel, ce que n’ont pas voulu certains skippers pour des raisons de poids aussi.

Voilesetvoiliers.com : Parce que Hugo Boss n’est pas le plus léger ?
V. L.-P. : Parmi les foilers, c’est Banque Populaire le plus léger ! Et cela joue sur plus de 500 kilos d’écart avec Hugo Boss. Il y a déjà 80 kilos de différence sur le poids de chaque foil : 250 environ pour Alex Thomson, 160 pour Armel Le Cléac’h. Et donc on ne parle pas des mêmes efforts sur le puits et sur la structure…

Voilesetvoiliers.com : Il semble aussi qu’Armel Le Cléac’h n’a pas les mêmes problèmes de vibration sur son foil, qu’il y a moins de bruit…
V. L.-P. : Il a aussi deux Vendée Globe au compteur ! Donc il a aussi l’expérience du bruit à bord. Les perceptions sont personnelles parce qu’ils sont capables d’aller de trois à quatre nœuds plus vite que l’ancienne génération de monocoques IMOCA. Mais la stridence est aussi due à la forme du foil, à son incidence, à son calage dans le puits, à son bord de fuite… Chaque team a travaillé différemment sur ce sujet, et sur la structure du foil puisque certains sont en carbone plein, d’autres creux, d’autres avec un coude en titane.

Voilesetvoiliers.com : On ne peut tout de même pas dire que les foilers n’ont pas un petit plus !
V. L.-P. : La météo a énormément influé sur la hiérarchie actuelle. Les foils (actuels) ont simplement permis d’avoir un léger bonus dans les conditions stables des alizés canariens d’abord, brésiliens ensuite. Mais quand on analyse les performances de Vincent Riou avant qu’il ne percute un OFNI, il faut pondérer l’effet foil. En fait, les leaders n’utilisent pas tant que ça les foils… Le petit décalage acquis juste avant le cap de Bonne-Espérance a permis de faire une différence qui se retrouve aujourd’hui multipliée par dix !

Impressionnant depuis le départ, Morgan Lagravière sur Safran constitue la belle surprise de ce Vendée Globe.
© Jean-Marie Liot/DPPI/Vendée Globe

Lecture complète sur voilesetvoiliers.com

The three semi-foiling IMOCA 60 concepts

Extract from Yachting World.

20161205_3typeoffoils

They are all slightly different. In essence, there are three concepts at work: one that designers VPLP call the ‘Dali’ foil because of its ostensible similarity to the artist’s moustache; Alex Thompson’s DSS-style foil on Hugo Boss; and another type designed by Nick Holroyd of Team New Zealand used on Jérémie Beyou’s Maître Coq.

The first is a V-shaped foil on which the purpose of the shaft is to hold out an elbow and tip, but the shaft itself is not a key part. On Hugo Boss, the shaft and tip both provide lift, hence Thomson’s board provides, he says, “a two to three times bigger lifting surface.” It is said that Thomson’s foils begin to generate lift at a lower speed and are efficient to a deeper angle downwind than the others.

On Maître Coq the shaft ends in a flat section and has an elbow with a tip that extends vertically.

Every team has been refining these foils. Most have experienced breakages and, after trying out refinements, are on version 2, 3 or even 4. The point is that, for all teams, foils are still very much a learning game.

Alex Thomson came into the Vendée Globe as something of a dark horse, but his boat appears to have the edge over the rest of the foiling pack in downwind conditions. It remains to be seen if a full conclusion can be made since he broke his starboard foil in November, however, as that makes direct comparisons with fellow leader Armel Le Cléac’h’s Banque Populaire difficult.

Read more on yachtingworld.com

Speed noise

by Alex Thomson Racing

This is the sound of a foiling IMOCA 60 at 25+ knots. The intense hum is a noise Alex will have to get used to before the Vendée Globe in 191 days time.

Dalì foils explained

by Safran Sailing Team

Find out everything you wanted to know but never dared ask about foils, with this 3D presentation. With a montage of real images of the boat sailing, and 3D computer modelling, it illustates very clearly how they are operated and function on an IMOCA 60 like Safran. These funny foils, shaped like Salvador Dali’s moustache, will no longer hold any secrets from you.

Des foils pour Bastide Otio

by Made in Midi

kitoaprilfools

Rassurez-vous je ne suis pas devenu complètement foil ! C’était pour voir si vous suiviez ! BastideOtio conserve ses appendices d’origine!
Kito de Pavant

Voici la blague bien pensé:

bastideotio

Le secret aura été bien gardé pendant tout l’hiver.

Mais l’équipe Made in Midi, dirigée par Kito de Pavant, avait aménagé son programme 2016 avec cette possibilité de décider, même tardivement, de mettre ou de ne pas mettre de nouveaux appendices sur l’IMOCA 60’ Bastide Otio.

Les études ont été menées par un petit groupe d’experts de l’industrie aéronautique, en toute discrétion. L’idée était de faire différemment des autres 60’ équipés de foils en 2015 et d’avoir une réflexion autonome, sans pression aucune. Les ordinateurs et les cerveaux ont chauffé pendant de longues semaines pour aboutir à une solution originale, simple et on l’espère, efficace.

L’équipe de chercheurs, dirigée par Laurent Prunet, a travaillé pour améliorer sensiblement les performances de Bastide Otio aux allures portantes sans dégrader celles-ci face au vent, ce qui peut représenter 30% des conditions rencontrées sur le Vendée Globe.

Il s’agit tout simplement de rajouter des plans porteurs aux dérives existantes, ce qui permet notamment d’utiliser les 2 appendices aux allures portantes pour soulever le bateau et le faire déjauger. Au contraire, lorsque la dérive est remontée, le plan porteur s’encastre dans la coque pour ne pas ralentir le bateau dans le petit temps par exemple où l’on a vu les nouveaux bateaux fortement handicapés.

Laurent Prunet : « Le challenge était particulièrement intéressant. Nous avions carte blanche pour inventer un système original. Notre équipe a beaucoup travaillé pour imaginer plusieurs propositions mais chacune se heurtait à la complexité de la jauge IMOCA et aux contraintes d’un parcours aussi exigeant que le Vendée Globe. La relation avec l’équipe Sixteam a toujours été constructive. Cela restera un excellent souvenir pour nous chercheurs. »

Kito de Pavant : « Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis !!! C’est vrai que la Transat Jacques Vabre nous avait incités à rester sages pour le prochain Vendée Globe mais l’opportunité de lancer une étude en étroite collaboration avec des experts de l’industrie aéronautique s’est présentée cet hiver. Et les résultats de cette étude nous ont convaincus. Evidemment, cela retarde quelque peu la mise à l’eau du bateau mais nous n’avions de toute façon pas prévu de participer aux transat du printemps…»

Maître CoQ déploie ses ailes

by Maître CoQ

maitrecoq_ailes

Jérémie Beyou et Maître CoQ se projettent vers le Vendée Globe 2016. Affichant clairement leurs hautes ambitions, ils ont pris la décision commune d’équiper le 60 pieds IMOCA de foils en vue du tour du monde en solitaire. Le bateau entrera au chantier CDK de Port-la-Forêt le 25 novembre.

Jérémie Beyou, Stéphane Sallé, Directeur Général de Maître CoQ, et Philippe Legros, responsable de la performance, nous expliquent les raisons qui ont dicté ce choix et évoquent la collaboration avec le designer néo-zélandais Nick Holroyd, spécialiste des foils sur l’America’s Cup.

Pourquoi avez-vous pris la décision de doter Maître CoQ de foils en vue de la saison prochaine ?
Jérémie Beyou : « Cela fait plusieurs mois que nous travaillons dessus : nous avons commencé par faire un VPP (programme de prédiction de vitesse) précis du bateau dans sa configuration actuelle, puis simulé un autre VPP avec le bateau équipé de foils de différentes géométries. Nous avons ensuite fait tourner ces VPP sur des routages autour du monde, qui n’ont fait que confirmer les chiffres obtenus, à savoir que Maître CoQ avec des foils était toujours plus rapide sur la durée, certains routages donnant jusqu’à cinq jours de différence. Ensuite, nous nous sommes comparés aux nouveaux bateaux mis à l’eau cette année : si, lors des premiers stages d’août, nous avons été un peu circonspects, ceux de septembre nous ont permis de constater que certains nouveaux bateaux avaient beaucoup progressé, notamment Banque Populaire, tandis que Gitana (Edmond de Rothschild) a été d’entrée de jeu bluffant à certaines allures. »

maitrecoq_bateau

La victoire sur la Transat Jacques Vabre d’un bateau non équipé de foils, a-t-il remis en cause votre choix ?
Philippe Legros : « Non, au contraire, il nous a confortés dans notre décision : vu le contexte, la performance de Banque Populaire (deuxième place) est remarquable : on a bien vu qu’ils (Armel Le Cléac’h et Erwan Tabarly, les skippers) ont volontairement navigué beaucoup plus prudemment que les autres en début de course, ce qui leur a permis d’être le seul des bateaux neufs à passer. Une fois que le vent s’est calmé et que la mer s’est rangée, ils ont pu utiliser leurs foils, et à partir de là, de 40 milles de retard, ils sont passés à 35 d’avance au Pot-au-noir. Le bateau, dans cette configuration, a des capacités d’accélération impressionnantes sur la durée. Ces performances ont donc confirmé nos études et nos observations et je pense que si la course avait eu lieu un an plus tard, Banque Populaire, bien plus fiabilisé, serait arrivé nettement devant PRB. En vue du Vendée Globe, nous avions le choix entre optimiser encore Maître CoQ en faisant notamment de nouvelles dérives ou passer aux foils, Jérémie a été clair sur le sujet : son objectif, c’est de gagner. Ce qui n’est à notre avis pas possible avec des dérives seules. Les différences de vitesse entre les « foilers » et anciens bateaux peuvent aller jusqu’à 3 nœuds au reaching. Sachant que le Vendée Globe est avant tout une course de reaching, les écarts à l’arrivée pourraient se compter en jours. »

Votre abandon sur la Transat Jacques Vabre a-t-il influé sur votre décision ?
Jérémie Beyou : « Nous avions quoi qu’il arrive anticipé, en réservant pour cet hiver Heol Composites et le chantier CDK de Port-la-Forêt pour fabriquer et implanter ces foils ou au minimum des nouvelles dérives. Le fait de ne pas courir la Transat BtoB nous permet de démarrer le chantier plus tôt, donc de naviguer le plus possible avec le bateau en version Vendée Globe. C’est primordial, compte tenu de l’importance des modifications qui nécessiteront beaucoup de temps de fiabilisation, de mise au point et d’optimisation. »

maitrecoq_foil

Avec qui collaborez-vous pour ces foils ?
Jérémie Beyou : « Avec Pierre-François Dargnies, le directeur technique de Beyou Racing qui travaille sur le dossier depuis plusieurs mois, nous avons fait tout l’avant-projet avec Sam Manuard, qui nous a aidés pour les études préliminaires ; ensuite, nous avons souhaité collaborer avec des gens ayant déjà travaillé sur ce type de pièce, à savoir le chantier CDK et Heol Composites, qui a construit tous les foils des nouveaux bateaux, sauf ceux d’Hugo Boss. Au niveau du design, nous sommes allés regarder du côté de l’America’s Cup en faisant appel à Nick Holroyd, que je connaissais de réputation. Il a été « head-designer » de Team New Zealand pendant des années et a donc une très grande expérience dans le domaine du foil, c’est quelqu’un de brillant, un « ultra spécialiste ». Comme il quittait Team New Zealand (il a depuis rejoint SoftBank Team Japan), il a répondu favorablement à ma demande. Il est venu sur le bateau, il a tout de suite vu quels foils il fallait, quelles autres problématiques cela induisait…
Je suis très heureux de collaborer avec lui. Enfin, je vais personnellement m’impliquer dans ce chantier pour m’imprégner de toutes ces modifications. Je vais aussi mettre à profit cette période pour passer du temps avec Maître CoQ afin de préparer au mieux ce Vendée Globe à tous les niveaux. C’est un moment hyper important pour tout le monde, il faut faire en sorte que nous le vivions tous du mieux possible. »

Quelle est la position du partenaire Maître CoQ par rapport à cette décision de faire des foils ?
Stéphane Sallé, Directeur Général de Maître CoQ : « Notre accompagnement aux côtés de Jérémie s’appuie sur plusieurs valeurs fortes : performance, audace, innovation, partage, confiance… L’optimisation du potentiel de l’IMOCA Maître CoQ sur le prochain Vendée Globe passe par ce choix de poser des foils qui représente l’avenir de la course au large. Si Maître CoQ n’avait pas innové par le passé, nous ne serions pas leaders aujourd’hui. L’innovation et l’audace sont les clés de la réussite de Maître CoQ : créer de nouveaux produits qui répondent à de nouvelles envies et se différencier dans un milieu hyper concurrentiel. Il en est de même sur le prochain Vendée Globe qui est l’objectif N°1 de notre programme de sponsoring. »

To foil or not to foil?

By IMOCA Ocean Masters.

© Benoit Stichelbaut / PRB

© Benoit Stichelbaut / PRB

Teams have made their decisions.

As their winter refits come to a close, the IMOCA teams have made their main technical choices ahead of a season that culminates in the pinnacle event of the class’ four year cycle: The Vendée Globe. For the next refit, which teams have scheduled for this summer, there will only be time for less significant adjustments ready for each skipper to spend three months sailing their respective yachts singlehanded non-stop around the world. In terms of ‘big ticket items’, such as the foils, there is now no going back.

With the introduction of one design masts and keels in the IMOCA fleet, teams and their designers have acknowledged that there are few gains to be made over the best boats from the previous generations. Instead, they have opened up a new avenue of development with complex-shaped foils, designed not only to prevent leeway (like conventional daggerboards) but also to improve righting moment (ie adding stability and power) and creating vertical lift to reduce wetted surface area and drag. The latest generation foil-assisted IMOCA 60s don’t fly, but they are certainly less immersed than boats not fitted with these foils. With these developments, so the trend, inspired by the flying America’s Cup catamarans and the popular Moth dinghies, is now extending across to monohulls with the latest IMOCA designs. Similar new generation foils have also been permitted to be used on Proto Minis in the Classe 6.50.

With the exception of Nandor Fa’s Spirit of Hungary, a classic design where budgetary constraints have been a decisive factor, all the latest generation IMOCA60s are equipped with these new generation foils.

However among teams with previous generation boats, opinion is a lot more divided about whether such foils should or should not be retrofitted to their tried and tested machines.

© Jean-Marie Liot / DPPI

© Jean-Marie Liot / DPPI

Maître CoQ’s refit

Jérémie Beyou, skipper of Maître CoQ, has fought a long battle within the IMOCA class against allowing the new generation foils. His reasoning was not so much against the march of progress, rather he considered that these new appendages would incur substantial extra cost (in the order of €300,000 to retrofit them). However, from the moment the decision was made by the IMOCA class to permit the new foils, Beyou has been constantly monitoring how they have performed.

“As with any innovation of this kind, progress was very slow initially,” Beyou observes. “Some were sceptical: Could the gains provided by the foils on certain points of sail offset the losses close-hauled with a much less efficient surface to prevent leeway than the ‘classic’ daggerboard configuration? In reality, we were quickly able to see that the potential for improvement was huge. Banque Populaire VIII’s performance in the Transat Jacques Vabre convinced me that sooner or later this will be the way forward…”

In addition, Maître CoQ’s retirement from that race enabled Beyou and the Maître CoQ shore crew to begin tackling the major retrofit work sufficiently early in order to finish ready to train with the other boats this spring. The Transat New York-Vendée (Les Sables d’Olonne) will provide Beyou and the Maître CoQ team with the opportunity to trial their newly equipped boat as well as to qualify for the Vendée Globe.

© Alexis Courroux

© Alexis Courroux

A classic configuration for PRB, SMA and Groupe Quéguiner Leucémie Espoir

The other teams with competitive 2008 or 2012 generation IMOCA60s, have chosen not to fit the new foils, albeit for a variety of differing reasons.

On the 2012 Vendée Globe winner, now Paul Meilhat’s SMA, the repairwork required after she was abandoned during the IMOCA Ocean Masters’ Transat Saint-Barth – Port la Forêt race and subsequently left to drift has put the retrofitting of new generation foils out of the question.

For Yann Elies, skipper of Groupe Quéguiner Leucémie Espoir (formerly Marc Guillemot’s 2008 generation Safran) the problem is slightly different: “It’s clear that the foils provide a significant amount of added speed. Like everyone else, we questioned whether we should embark on this route. We gave up for several reasons: first of all, our refit started late and there was a risk we would miss out on essential sailing time.

“Next, we must not forget that the addition of foils must be considered in the wider context: Introducing foils considerably modifies the role of the rudders, which have to take on a greater role in preventing leeway. Finally, to bring this operation to a successful conclusion requires both investment, both financially and in time, neither of which we have. Given all these factors, we’ve instead opted for reliability by improving on the existing boat.”

Meanwhile PRB’s performance has boosted by other modifications and skipper Vincent Riou knows that he already has one of the fastest boats in the fleet. In his more controversial view, an IMOCA60 with a more classic foil configuration still has every chance of winning the Vendée Globe: “We haven’t found any reasons to fit PRB with [new generation] foils as they don’t improve our winning potential… The foilers would have to make a huge amount of progress to stand a greater chance of winning the Vendée Globe than us.”

Riou is setting the cat among the pigeons here by countering the general trend, but the first real indication of which have made the right decision will occur during the Transat New York – Vendée (Les Sables d’Olonne) on what should be a downwind course, in theory more favourable to the new generation foilers.

In the end, everyone seems convinced that foils, in some form or other, represent the future of IMOCA 60 design. However, this winter’s Vendée Globe will mark a transition and as yet no-one is in a position to say how the foilers will behave, in terms of their performance or reliability, over several months of racing on the most challenging of race courses. Computer VPP calculations indicate that an IMOCA60 equipped with new generation foils should be three to four days faster over the whole Vendée Globe course given ‘typical’ weather scenarios. But putting the theory into practice is another thing entirely. However whoever is right, such technological advancements are all vital parts of the rich tapestry that forms the IMOCA Ocean Masters Championship.

Original post: IMOCA Ocean Masters

Imoca : Maître CoQ déploie ses ailes

by maitrecoqvoile.com

Jérémie Beyou et Maître CoQ se projettent vers le Vendée Globe 2016. Affichant clairement leurs hautes ambitions, ils ont pris la décision commune d’équiper le 60 pieds IMOCA de foils en vue du tour du monde en solitaire. Le bateau entrera au chantier CDK de Port-la-Forêt le 25 novembre.

Maître CoQ 60 pieds IMOCA

Maître CoQ 60 pieds IMOCA

Jérémie Beyou, Stéphane Sallé, Directeur Général de Maître CoQ, et Philippe Legros, responsable de la performance, nous expliquent les raisons qui ont dicté ce choix et évoquent la collaboration avec le designer néo-zélandais Nick Holroyd, spécialiste des foils sur l’America’s Cup.

Pourquoi avez-vous pris la décision de doter Maître CoQ de foils en vue de la saison prochaine?
Jérémie Beyou : « Cela fait plusieurs mois que nous travaillons dessus : nous avons commencé par faire un VPP (programme de prédiction de vitesse) précis du bateau dans sa configuration actuelle, puis simulé un autre VPP avec le bateau équipé de foils de différentes géométries. Nous avons ensuite fait tourner ces VPP sur des routages autour du monde, qui n’ont fait que confirmer les chiffres obtenus, à savoir que Maître CoQ avec des foils était toujours plus rapide sur la durée, certains routages donnant jusqu’à cinq jours de différence. Ensuite, nous nous sommes comparés aux nouveaux bateaux mis à l’eau cette année : si, lors des premiers stages d’août, nous avons été un peu circonspects, ceux de septembre nous ont permis de constater que certains nouveaux bateaux avaient beaucoup progressé, notamment Banque Populaire, tandis que Gitana (Edmond de Rothschild) a été d’entrée de jeu bluffant à certaines allures. »

La victoire sur la Transat Jacques Vabre d’un bateau non équipé de foils, a-t-il remis en cause votre choix?
Philippe Legros : « Non, au contraire, il nous a confortés dans notre décision : vu le contexte, la performance de Banque Populaire (deuxième place) est remarquable : on a bien vu qu’ils (Armel Le Cléac’h et Erwan Tabarly, les skippers) ont volontairement navigué beaucoup plus prudemment que les autres en début de course, ce qui leur a permis d’être le seul des bateaux neufs à passer. Une fois que le vent s’est calmé et que la mer s’est rangée, ils ont pu utiliser leurs foils, et à partir de là, de 40 milles de retard, ils sont passés à 35 d’avance au Pot-au-noir. Le bateau, dans cette configuration, a des capacités d’accélération impressionnantes sur la durée. Ces performances ont donc confirmé nos études et nos observations et je pense que si la course avait eu lieu un an plus tard, Banque Populaire, bien plus fiabilisé, serait arrivé nettement devant PRB. En vue du Vendée Globe, nous avions le choix entre optimiser encore Maître CoQ en faisant notamment de nouvelles dérives ou passer aux foils, Jérémie a été clair sur le sujet : son objectif, c’est de gagner. Ce qui n’est à notre avis pas possible avec des dérives seules. Les différences de vitesse entre les « foilers » et anciens bateaux peuvent aller jusqu’à 3 nœuds au reaching. Sachant que le Vendée Globe est avant tout une course de reaching, les écarts à l’arrivée pourraient se compter en jours. »

Votre abandon sur la Transat Jacques Vabre a-t-il influé sur votre décision?
Jérémie Beyou : « Nous avions quoi qu’il arrive anticipé, en réservant pour cet hiver Heol Composites et le chantier CDK de Port-la-Forêt pour fabriquer et implanter ces foils ou au minimum des nouvelles dérives. Le fait de ne pas courir la Transat BtoB nous permet de démarrer le chantier plus tôt, donc de naviguer le plus possible avec le bateau en version Vendée Globe. C’est primordial, compte tenu de l’importance des modifications qui nécessiteront beaucoup de temps de fiabilisation, de mise au point et d’optimisation. »

Avec qui collaborez-vous pour ces foils ?
Jérémie Beyou : « Avec Pierre-François Dargnies, le directeur technique de Beyou Racing qui travaille sur le dossier depuis plusieurs mois, nous avons fait tout l’avant-projet avec Sam Manuard, qui nous a aidés pour les études préliminaires ; ensuite, nous avons souhaité collaborer avec des gens ayant déjà travaillé sur ce type de pièce, à savoir le chantier CDK et Heol Composites, qui a construit tous les foils des nouveaux bateaux, sauf ceux d’Hugo Boss. Au niveau du design, nous sommes allés regarder du côté de l’America’s Cup en faisant appel à Nick Holroyd, que je connaissais de réputation. Il a été « head-designer » de Team New Zealand pendant des années et a donc une très grande expérience dans le domaine du foil, c’est quelqu’un de brillant, un « ultra spécialiste ». Comme il quittait Team New Zealand (il a depuis rejoint SoftBank Team Japan), il a répondu favorablement à ma demande. Il est venu sur le bateau, il a tout de suite vu quels foils il fallait, quelles autres problématiques cela induisait…

Je suis très heureux de collaborer avec lui. Enfin, je vais personnellement m’impliquer dans ce chantier pour m’imprégner de toutes ces modifications. Je vais aussi mettre à profit cette période pour passer du temps avec Maître CoQ afin de préparer au mieux ce Vendée Globe à tous les niveaux. C’est un moment hyper important pour tout le monde, il faut faire en sorte que nous le vivions tous du mieux possible. »

Quelle est la position du partenaire Maître CoQ par rapport à cette décision de faire des foils?
Stéphane Sallé, Directeur Général de Maître CoQ : « Notre accompagnement aux côtés de Jérémie s’appuie sur plusieurs valeurs fortes : performance, audace, innovation, partage, confiance… L’optimisation du potentiel de l’IMOCA Maître CoQ sur le prochain Vendée Globe passe par ce choix de poser des foils qui représente l’avenir de la course au large. Si Maître CoQ n’avait pas innové par le passé, nous ne serions pas leaders aujourd’hui. L’innovation et l’audace sont les clés de la réussite de Maître CoQ : créer de nouveaux produits qui répondent à de nouvelles envies et se différencier dans un milieu hyper concurrentiel. Il en est de même sur le prochain Vendée Globe qui est l’objectif N°1 de notre programme de sponsoring. »

New Yacht Technology Off to a Rough Start

On New York Times by Chris Museler

Armel Le Cléac’h’s Banque Populaire VIII is one of the new VPLP-Verdier boats, considered the most complex monohull sailboats ever built. Credit Transat Jacques Vabre

Armel Le Cléac’h’s Banque Populaire VIII is one of the new VPLP-Verdier boats, considered the most complex monohull sailboats ever built. Credit Transat Jacques Vabre

The last place the British sailor Alex Thomson expected to be last week was lying on the ceiling of his new racing yacht in the North Atlantic.

With the Vendée Globe, the premier solo round-the-world race, starting in a year, Thomson was testing a new generation of innovative hydrofoils in the 5,400-mile Transat Jacques Vabre from Le Havre, France, to Itajaí, Brazil.

The double-handed race, which started Oct. 25, featured several first-of-their-kind 60-foot yachts, known as Imoca 60s, designed by Guillaume Verdier and VPLP Design.

Four days after the start of the race, Thomson and his Hugo Boss crewmate, Guillermo Altadill, had to be rescued off the tip of Galicia, Spain, with their boat dis…

Continue reading on New York Times